• Les jardins de l’Abbaye de Tresco

    Minuscule île perdue dans l’Atlantique, au large des Cornouailles, Tresco abrite le Tresco Abbey Garden.

    À quarante-cinq kilomètres au large de l’Angleterre, une île baignée par les courants chauds abrite une destination de rêve pour les jardiniers. Nulle part ailleurs en Grande-Bretagne, il n’est possible de visiter un tel espace.

    À l’ouest des Cornouailles, les Îles Scilly forment un groupe d’environ 150 îlots dont cinq seulement sont habités. Avec une surface de trois kilomètres carrés, Tresco est la seconde île en superficie.

    L'ile de Tresco

    Tresco abrite le Tresco Abbey Garden. Il est peuplé d’une collection extraordinaire de plantes subtropicales provenant de l’hémisphère sud

    Pont en bois donnant sur le prieuré

    Un jardin avec vue sur la mer

    Un pont de bois peint en bleu accueille à l’entrée des jardins de l’Abbaye de Tresco, un endroit unique dans les îles britanniques. Il y règne un sentiment d’espace avec de belles perspectives et une vue sur la mer.

    Plusieurs bâtiments et décorations se détachent au milieu de l’abondante végétation et le jardin réserve de belles surprises.

    Aménagé en terrasses, il comporte vingt mille végétaux représentant quatre-vingts pays différents dont le Brésil, la Nouvelle-Zélande ou la Birmanie. Les végétations des continents se mélangent dans un étonnant méli-mélo exotique accentué par les semis spontanés qu’effectuent les plantes dans le sol drainant. Un parterre peut ainsi rassembler sur quelques mètres carrés des plantes d’Australie, des régions tropicales d’Amérique du Sud, des îles Canaries et des régions méditerranéennes.

    Les ruines de l'arche

    Les ruines de l’arche gothique de l’ancien prieuré, des tableaux de coquillages en passant par le bassin du jardin méditerranéen.

    Tableau de coquillages

    Les jardins de l’Abbaye de Tresco

    Ancien prieuré

     abbey gardens

    Un microclimat exceptionnel

    Comment des plantes subtropicales peuvent elles survivre sur cette île britannique? Grâce au Gulf Stream, l’archipel bénéficie d’un climat hivernal particulièrement doux avec une température supérieure à 10°C durant 350 jours par an, de longues journées d’ensoleillement en été, peu de pluies mais de l’humidité en abondance apportée par la mer environnante.

    Ce ne sont pas les températures élevées qui font pousser les plantes mais leur constance, hiver comme été. Ici, il ne gèle pas ou peu… L’ennemi le plus redouté, c’est le vent qui est arrêté par les hauts murs et les plantations denses qui entourent les jardins.

    Ce microclimat exceptionnel permet de faire pousser des plantes gélives et même des espèces tropicales. On découvre ainsi des Aloes, Strelizia, Protea et Agapanthus d’Afrique du Sud, des Eucalyptus et Callistemon d’Australie, des Agave et Yucca de Mexico, des Jubea et Puya du Chili et des fougères arborescentes Dicksonia, et Cyathea de Nouvelle Zélande.

    Cinq génération de fous de plantes

    Pas de moines en vue à Tresco, mais cinq générations de fous de plantes, passionnés de botanique. En 1834, Augustus John Smith, fils aîné d’un gentleman du Herefordshire, s’installe sur l’île, alors propriété du duché de Cornouailles. Ce philanthrope arrive dans les îles plein de ferveur charitable, désireux de transformer les conditions de vie de leurs habitants.

    A Tresco, il découvre les ruines d’un ancien prieuré bénédictin du XIIe siècle et il comprend rapidement que le climat océanique doux va lui permettre de planter dans son jardin des plantes trop fragiles pour le reste de la Grande-Bretagne. Ses premières plantations rassemblent des plantes provenant de l’hémisphère sud et qui n’avaient jamais poussé en Europe auparavant.

    Des jardins en terrasse

    Il faut bien trois ou quatre heures pour découvrir les jardins. Aujourd’hui, la remarquable collection de Tresco abrite plus de 20.000 plantes subtropicales originaires de plus de quatre-vingts pays.

    La végétation est tempérée par l’architecture en terrasses orientées vers le sud. Elles sont encadrées par des murets en granit de la région et reliées par des escaliers. Ce plan audacieux et intelligent a été tracé dès les origines du jardin.

     Le foisonnement des plantes exotiques est accentué par les semis spontanés des plantes dans le sol drainant. Les terrasses supérieures, plus sèches et ensoleillées, sont ornées de succulentes et protées. A l’ombre, au bas de la pente, des fougères arborescentes et des bambous poussent pour constituer une fraîche jungle verte.

    Il existe peu de jardins au monde où poussent en plein air un nombre aussi étonnant de plantes que Tresco. Et malgré leur nombre et leurs origines différentes, toutes les plantes sont assemblées dans une grande harmonie. Un endroit de rêve pour les jardiniers!

     

    Espace unique parmi les jardins d’outre Manche, Tresco émerveille les jardiniers et les invite aussi à un peu plus de sagesse horticole. Toutes ces plantes gélives qu’il est si compliqué d’hiverner en pot, n’est-ce pas dans un climat qui leur convient qu’elles sont les plus belles ?

    Aujourd’hui, Tresco est toujours une île privée, propriété du descendant d’Augustus Smith, Robert Dorrien-Smith. Cent cinquante personnes y habitent au fil de l’année dans des conditions étonnantes : il n’y a pas de voitures. Les déplacements s’effectuent à vélo ou en voiturettes de golf. Un hôtel et des bungalows accueillent un maximum de quatre cents visiteurs.

    Les jardins de l’Abbaye de Tresco

    http://www.aujardin.com/reportages/lile-botanique

    https://laterreestunjardin.com/abbaye-de-tresco

     


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