• Bordeaux : elle retrouve son appartement occupé par des Bulgares

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    Après s'être absentée quelques mois, une octogénaire bordelaise est contrainte de dormir à l'hôtel. Son immeuble est squatté par deux familles, installées par l'association Droit au logement.

    Les serrures ont été changées en son absence. Odette Lagrenaudie, 84 ans, est partie quelques mois de Bordeaux  pour se reposer chez son fils, à Cherbourg, après avoir subi une opération. À son retour mardi, c'est une mauvaise surprise qu'il l'attendait, rapporte Sud Ouest  . Sans son assentiment, sept citoyens bulgares ont été installés par l'association Droit au logement  (DAL) dans l'immeuble dont elle est propriétaire depuis plus de 55 ans. «Au début, je n'ai rien compris, a-t-elle expliqué, mais, aujourd'hui, ça me rend malade de me dire qu'ils dorment dans mon lit». Pendant son absence, ses voisins de la rue Planterose, située dans le quarter Saint-Michel, l'avaient averti d'une possible occupation. Aujourd'hui, elle dort à l'hôtel en attendant de pouvoir vivre chez elle.

    Une situation «ubuesque»

    «Cela fait 45 ans que j'exerce cette profession, et je n'ai jamais vu ça!», s'insurge Me Pierre Fribourg, son avocat contacté par le figaro.fr. «Cette brave femme se retrouve expulsée de son propre immeuble, avec une retraite de 900 euros par mois». Dans ce dossier, il considère qu'il y a «une carence incontestable des pouvoirs publics. On est dans du délire complet, c'est ubuesque!». Il devait saisir vendredi le juge des référés du tribunal d'instance au titre d'une occupation sans droit ni titre . L'assignation en justice pourrait coûter 1000 euros à sa cliente en frais d'huissier. Et rien n'assure que l'expulsion soit vite prononcée: «Cela peut-être dès lundi, ou plus tard. Ce qu'il y a de plus anormal, c'est qu'elle réglera les factures d'eau et d'électricité. Qui va payer sinon?», poursuit-il. Sa cliente avait laissé des affaires dans son appartement, où elle vit environ la moitié de l'année. Pour lui, l'association a forcé la porte pour s'introduire.

    Le DAL conteste la version des faits. «Nous avons eu la propriétaire par télèphone il y a trois semaines et elle nous avait permis de s'installer dans son immeuble jusqu'au mois de septembre», explique Myriam, militante au DAL 33. «Nous avions repéré l'immeuble, et la porte était ouverte, nous avons faits l'inventaire des biens. Notre but n'est pas de la spoiler. Mais maintenant c'est délicat, c'est la première fois que cela nous arrive, on remet les familles à la rue? On ne lâchera pas l'affaire. C'est le problème des pouvoirs publics».

    «Un problème de fond» pour la mairie

     Fabien Robert , adjoint au maire de la ville de Bordeaux, explique que le DAL, qui «a forcé les serrures, refuse de quitter les lieux». Malgré l'illégalité de la situation, au-delà d'un délai d'occupation de 48h, une décision de justice est nécessaire  pour évacuer des personnes installées sans l'autorisation du propriétaire. L'association occupe souvent des immeubles vacants dans la ville «mais là ils se sont plantés», tranche Fabien Robert. Cette situation «ubuesque» renvoie pour lui à «un problème de fond»: «Nous connaissons très bien l'une des familles, c'est déjà le cinquième logement qu'elle occupe». Il regrette l'ambivalence de la préfecture, qui n'a pas ordonné l'expulsion de la famille sans pour autant accorder de titres de séjours. «On les condamne à l'errance. Dans ce conflit privé, la mairie ne peut rien faire c'est la responsabilité de l'état.

     

    source:le Figaro.fr


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