• Le steak in vitro

    Le steak in vitro bientôt dans nos assiettes?

    DECRYPTAGE - Il a un "goût assez intense" et un profil général "proche de la viande". Mais aucune vache n'a été abattue pour le servir dans une assiette : le premier steak créé uniquement en laboratoire a été dégusté lundi. Son créateur, un Néerlandais, pense que le "Frankenburger" est une réponse aux nombreux problèmes posés par l'élevage et la consommation de viande dans le monde.

     Qu'est-ce que c'est?

     La première viande créée in vitro, en laboratoire, sans vache vivante, est issue de "cellules souches". A sa création, n'importe quel être vivant se limite à seulement quelques cellules. Pas de cœur, pas d'os ou de feuilles. C'est donc que ces premières cellules sont capables d'abord de se multiplier puis de se différencier pour devenir des cellules de muscles, d'os ou de feuilles. Ce sont les cellules souches. L'idée du spécialiste néerlandais de physiologie vasculaire et de l'ingénierie des tissus, Mark Post, est de les cultiver en laboratoire et d'en faire des cellules de muscles. La viande obtenue, qui a grossi en se nourrissant d'un substrat et avec des stimulations électriques, vient en fait de seulement 20.000 cellules. Aucune d'entre elles n'a été modifiée, on ne parle pas ici d'OGM. Au final, le steak in vitro pèse 142 grammes.

     

    le professeur Mark Post porteur du projet photo

     

     

     Pourquoi?

     Outre l'intérêt purement scientifique - cultiver un muscle uniquement en laboratoire - l'équipe de Mark Post, de l'université de Maastricht, pense que cette méthode est une bonne solution aux problèmes induits par l'élevage bovin moderne. Avec l'augmentation de la population mondiale, "la demande en viande va doubler dans les quarante ans qui viennent. Aujourd'hui, nous utilisons 70% de nos capacités agricoles pour la production de viande. On comprend bien pourquoi il nous faut trouver des alternatives", souligne Mark Post.

     

    L'élevage bovin produit aussi beaucoup de gaz à effet de serre, mobilise de nombreuses terres (pour l'alimentation essentiellement), des engrais, des produits vétérinaires, une quantité colossale d'eau, etc. Des problèmes éthiques sont aussi soulevés par de nombreuses personnes : on élève et tue un animal pour la seule consommation humaine. L'association de défense des droits des animaux Peta a ainsi fait remarquer que la viande in vitro signifierait "la fin des batteries de poulets, des abattoirs et des usines d'élevage".

     

    "D'un point de vue écologique et éthique, la technologie in vitro ne présente que des avantages", a insisté le chercheur néerlandais, qui a assuré qu'il donnerait à manger "sans hésiter" un tel steak à ses enfants. Il ne voit pas comment il pourrait être plus nocif que de la viande normale "puisqu'en fin de compte c'est de la viande normale".

    la viande va bientot arrivée dans nos assiettes

     

    Quel goût ça a?

    L'équipe, fière de sa première mondiale, a organisé une séance de dégustation lundi à Londres. Deux goûteurs dûment assermentés - une Autrichienne "chercheuse en tendances culinaires" et l'auteur américain d'un livre sur "les goûts de demain" - ont eu l'honneur d'être les premiers à manger ce steak cuisiné sous leurs yeux et ceux de son créateur. Verdict : "goût assez intense", "même texture" et un profil général "proche de la viande", malgré un "manque de gras" certain, ont tranché les deux "volontaires" qui n'ont cependant pas fini leur repas.

     

    Plusieurs explications : le steak a été "élevé" sans gras. Un choix du concepteur pour proposer une viande plus diététique. Or, c'est le gras qui donne son goût à la viande. De plus, le steak n'a pas subi une croissance traditionnelle : pas de lait, pas d'herbe ni de céréales, seulement des nutriments. A noter : le steak a été préparé avec de la chapelure, du sel, de la poudre d'oeuf ainsi que du jus de betterave et du safran pour lacouleur. Le steak n'est donc pas rouge...

    Un steak haché composé de viande artificielle cultivée «in vitro», par le chercheur de l'université de Maastricht, Mark Post

    Combien ça coûte?

    Les 142 grammes ont coûté 250.000 euros. Les techniques utilisées sont toujours très chères. Dans le commerce, de la viande hachée revient à moins d'un euros à l'achat, et donc beaucoup moins à la production. L'équipe du Dr Post table sur un début de commercialisation d'ici dix à vingt ans. Le prix exorbitant devrait donc baisser. Mark Post espère aussi que son steak sera privilégié par rapport à ceux issu de la méthode traditionnelle : "Dans vingt ans, on pourra avoir dans nos supermarchés deux produits ayant exactement le même goût et la même apparence. L'un provenant de la vache qui comportera une écotaxe et impliquera que des animaux aient été tués. L'autre venant du labo sans que personne n'ait eu à souffrir et potentiellement moins cher", a résumé Mark Post.

    Quel avenir?

    Auront-nous bientôt du "Frankenburger" (le surnom vient de la presse britannique) dans nos assiettes? Sergey Brin, co-fondateur de Google qui a financé le projet de Mark Post, pense qu'il peut "transformer le monde". "On est en gros devant trois scénarios : on devient tous végétariens mais je n'y crois pas. On ferme les yeux et on aura des problèmes environnementaux. Ou on essaye quelque chose de nouveau", a-t-il dit dans une petite vidéo diffusée juste avant que le chef n'allume la cuisinière.

    Parmi les critiques, Tara Garnett, directrice du département de recherche sur la nourriture à l'Université d'Oxford, a estimé que le problème est ailleurs. "On a 1,4 milliard de personnes sur la planète qui sont obèses ou en surpoids et en même temps 1 milliard qui se couchent avec le ventre vide. La solution n'est pas simplement de produire plus mais de changer notre système d'approvisionnement et le prix de la nourriture", a-t-elle déclaré à la BBC. Une solution qui n'implique à aucun moment de voir son steak grandir dans un laboratoire, sans être issu d'un animal.

     

    Un steak haché composé de viande artificielle cultivée «in vitro»,

    Vivien Vergnaud - Le Journal du Dimanche

       source http://television.telerama.fr

     

    Hanni Rützler, diététicienne et psychologue de la santé et François de Closets, auteur et journaliste, participeront au débat sur le sujet de la viande in vitro qui suivra la diffusion du documentaire de Véronique Préault.

     

    documentaire  Mardi 8 Octobre sur ARTE à 20h50  débat  à 22h20 un document fascinant qui aborde le sujet avec clarté.

     

    « cadeau de Lilimc amitié le temps »

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  • Commentaires

    5
    Samedi 29 Mars 2014 à 11:49

    IN  VITRO  ,   C'est  dans  les  églises  ?

    4
    Samedi 29 Mars 2014 à 10:34

    Coucou Chrystale

    Perso ça ne m'emballe pas mais s'il faut on le fera !

    C'est chouette on va avoir un super week-end

    Profitons de ces bons moments.

    N'oublions pas de le changement d'heure on avance

    d'une heure ce soir... perso j'ai horreur de ça

    car je trouve que ça sert à rien.

    Passe un bon samedi

    bisous

    3
    Lundi 16 Décembre 2013 à 16:14

    Je  ne suis  pas contre  pour faire un essai  !  Par contre , je suis contre  les insectes ou les  lombrics  !   Mais  ce serait   peut être  la solution pour que tout le monde mange !

    2
    Lundi 7 Octobre 2013 à 12:59

    Bonjour chrys

    Je suis ceptique !!!!et après ça ,ce seras les pillules...lol..

    Je me suis cuisinée une bonne cuisse de poulet pour ce midi..

    J'espère que tu va bien et je te souhaite un bon lundi..bisous..

    tissia

    1
    Lundi 7 Octobre 2013 à 11:28

    les végétariens doivent se réjouir,mais je me demande quel gout ça peut avoir!!!on attendra que le prix baisse pour gouter....

    bon lundi à toi.gros bisous

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